"Tous les sentiments sont légitimes, tous les comportements ne sont pas acceptables"
"Tous les enfants sont comme du ciment frais, tout ce qui les touche laisse une marque"
Avant de devenir maman, j’avais de grands principes : mes enfants devraient être différents de ces bambins qui se roulent par terre dans les magasins. Moi je ne ferai pas partie de ces parents qui se laissent marcher sur les pieds par leur môme.
Mais lorsqu’Elouan est né, notre vie a changé. Elle tournait autour de notre fils. Il nous a fait comprendre très tôt que nous pouvions abandonner nos grands principes et que nous allions nous remettre en question très souvent.
Pour commencer, mon mari et moi, nous ne souhaitions pas qu’il dorme dans notre lit. Et puis au bout d’un mois d’environ un réveil toutes les deux heures la nuit, j’ai vite pris mon enfant contre moi pour nous permettre de dormir.
Ensuite la journée, après un mois où je me suis efforcée de coucher mon bonhomme dans son lit et où il se réveillait au bout de 15 minutes en hurlant car il avait mal au ventre, j’ai vite adopté le porte-bébé (ne connaissant pas encore l’écharpe) qui me permettait enfin de pouvoir manger tranquillement, par exemple.
Aux 15 mois d’Elouan, Nathanaëlle est née. A l’inverse, j’avais décidé de ne pas faire de projet et de voir avec le temps. Là, je savais ce que je ne voulais pas et pour le reste je m’adapterai à eux.
Pendant 13 mois, nous avons essayé d’accompagné Nathanaëlle dans le sommeil. C’était très dur, mais je ne voulais pas la laisser pleurer seule dans sa chambre. J’avais l’impression de l’abandonner, comme je l’avais fait pour Elouan, sur les conseils d’une sage-femme.
Lorsque Nathanaëlle avait 23 mois, Lilou est née. On était plus cool avec elle. Elle a été portée pendant 3 mois intensivement, comme Elouan et Nathanaëlle. Elle a dormi avec nous pendant 9 mois, avec des aménagements de lit confortables pour tout le monde. Puis elle a dormi dans notre chambre jusqu’à 14 mois.
Pendant ce temps, Elouan et Nathanaëlle grandissaient et nous commencions à être confrontés au quotidien avec des enfants : frustrations, colères, violence entre eux, opposition… Bref, le lot de tous les parents.
J’avais lu Grandir Autrement sur l’éducation respectueuse des enfants. Nous étions d’accord avec mon homme, que nous ne donnerions pas de fessée à nos enfants. Mais voilà, lorsque la réalité nous rattrape, nous sommes totalement impuissants et désemparés.
Un jour où je n’en pouvais plus, où j’étais épuisée, je me suis vue donner une fessée à Elouan. Je ne me souviens plus la cause, mais je me souviens avoir pleuré avec lui. Je me souviens l’avoir pris dans mes bras et m’être excusée.
Lorsque j’en parlais avec mon entourage, je m’entendais dire : « Oh !!! Ce n’est pas grave ! Ca ne va pas le tuer ! Il en verra d’autres !!! »
Je me suis sentie très seule. J’ai trouvé de l’aide sur le forum Bulle de nature, où à l’époque, il y avait une rubrique ENV (éducation non violente).
Et puis, j’ai lu… Isabelle Filliozat d’abord, puis Faber et Mazlish, Aletha Solter. J’ai assisté à des conférences de Françoise Marchand, Sophie Benkhemoun.
Aujourd’hui, je suis les ateliers Faber et Mazlish avec Anne Spatazza. C’est un travail de tous les jours. J’essaie d’être le plus possible à l’écoute de mes enfants tout en veillant à ce qu’ils respectent les autres et les lieux qui les entourent, qu’ils respectent les règles de la maison, de l’école… et tout en veillant aussi à ne pas me mettre entre parenthèse.
Il y a des jours où c’est facile et d’autres où j’ai besoin d’aide. Cette aide, je la trouve auprès des forums ou listes de discussion. C’est une remise en questions tous les jours… On ne peut y arriver seul.
Je souhaite leur permettre d’acquérir une grande confiance en eux et une confiance en la vie.
J’espère qu’au fil du temps, la communication non violente deviendra pour eux, facile, comme leur langue maternelle…
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